Objet : Bro en Grèce!

D'accord, Athènes n'est pas une ville formidable… C'est une grosse ville moderne, polluée et sans grand charme, même si on retrouve quelques coins agréables, l'acropole, le Parthénon et quelques-uns des plus beaux musées du monde. Ce qui demeure étonnant c'est ce mélange de modernité très moche et de quelques restes de l'antique civilisation grecque : entre deux immeubles bétonnés on peut toujours retrouver un coin de jardin préservé avec quelques ruines d'une colonnade antique ou une petite église byzantine du Moyen-Âge…
Mais le plus intéressant (et le plus agréable) se situe clairement à l'extérieur d'Athènes. Pour nous déplacer, nous disposions d'une automobile. Marie-Lyse ne conduisant pas avec une boîte de vitesse manuelle (et la Grèce n'étant pas l'endroit idéal pour pallier à ce manque), c'est donc moi qui me suis retrouvé de corvée de conduite, ce qui n'est pas évident. À première vue, la seule règle qui existe sur la route c'est : « fais ce que bon te semble ». Après le premier stress passé, on réalise que cet étrange système fonctionne pourtant assez bien ! C'est que si les Grecs conduisent vraiment n'importe comment, ils le font avec un certain civisme.
Ainsi, tous ceux qui ne vont pas assez vite roulent carrément sur l'accotement des routes pour faciliter leurs dépassements. Quant à la ligne du milieu, elle sert toujours (y compris dans les virages sinueux d'une petite route de montagne) aux dépassements des deux côtés. Bref, quoi qu'on fasse, on s'en sort assez bien et il est rare qu'on soit coincé derrière une automobile qui ne roule pas assez vite et qui ne laisse pas assez de place pour la dépasser. De plus, sauf à Athènes, les Grecs ne sont pas des maniaques du klaxon, ce qui contribue à donner une atmosphère très conviviale aux périples sur les routes grecques. On fait tous partie de la même famille quoi ! Disons que ça change de Paris…
Si j'ai un conseil à donner à tous ceux qui pourraient être éventuellement intéressés à visiter la Grèce un jour, c'est d'y aller soit au printemps, soit en automne, comme je viens de le faire. Les sites touristiques sont beaucoup moins fréquentés (bien que jamais complètement déserts), ce qui permet plus facilement de se laisser imprégner par l'atmosphère, les Grecs sont plus aimables parce qu'ils ne sont pas envahis par des caravanes incessantes de cars remplis de beaufs pathétiques (peu importe leur origine, les touristes de cars sont rarement très agréables à côtoyer) et la température est néanmoins excellente : pas trop chaud mais certainement pas froid, puisque nous avons quand même pu nous baigner dans la mer une journée (sur une plage prodigieusement déserte d'ailleurs).
Donc, si je reprends un peu mon récit, j'en étais à notre première journée hors d'Athènes. Après un bref arrêt au canal de Corinthe, nous avons pu visiter l'ancienne ville de Corinthe et, plus haut sur la montagne, la ville médiévale, une forteresse franque, puis turque perchée au sommet d'un piton rocheux qui offrait une vue superbe à des centaines de kilomètres à la ronde. Nous sommes ensuite allés passer la fin d'après-midi à Nauplie (Nafplio en grec), une magnifique petite ville côtière aux nombreuses terrasses fleuries, aux fontaines publiques charmantes et aux innombrables petits chats se promenant sur les toits de tuile. Honnêtement, si vous avez un voyage de noces à organiser un jour, pensez sérieusement à vous louer une chambrette dans une petite pension de Nafplio : vous ne serez pas déçu un seul instant du décor superbe que je viens de vous proposer. À voir absolument.
Malheureusement, notre chambre d'hôtel n'était pas dans ce petit paradis mais dans une petite ville distante de quelques kilomètres, construite sur le bord d'une belle crique de mer, avec une charmante plage : Tolo. Le tourisme a malheureusement ravagé durement ce petit coin de pays. Hors saison, ça passe encore mais je ne mettrais jamais les pieds là au milieu de l'été. Dommage…
Le lendemain, nous sommes restés une bonne partie de la journée dans la région pour visiter le théâtre d'Épidaure (conservé dans un état remarquable depuis maintenant plus de deux millénaires) et la forteresse mycénienne de… Mycènes (berceau de la civilisation mycénienne, vous l'aurez compris). Nous sommes allés dormir, après un peu de route dans la montagne (beau coucher de soleil) dans la ville de Sparte, toujours très spartiate (le seul resto potable que nous avons pu dénicher était chez « Louis Pizza » ! Mais nous aurions pu aller chez Mr. Donuts si nous avions vraiment voulu) et donc pas très intéressante.
Pourquoi Sparte alors ? C'est que juste à côté, on retrouve les ruines de Mistra, une importante métropole byzantine du Moyen-Âge. On peut y voir de superbes églises aux fresques remarquablement conservées et quelques monastères, dont certains sont toujours occupés. Comme la ville est construite carrément à flanc de montagne, vous pouvez imaginer qu'on a toujours une vue superbe, où qu'on se trouve. Pas moche du tout, c'est moi qui vous le dit ! L'après-midi, nous avons emprunté une petite (oui, vraiment petite) route de campagne qui traverse une chaîne montagneuse (ça zigzague sérieusement et le panorama est par moment à couper le souffle, ce qui n'est pas une bonne chose lorsqu'on doit continuer à garder le contrôle de la voiture sous peine de se jeter dans un ravin) pour nous rendre à Olympie (avec un petit arrêt sur le bord de la mer pour contempler, drink à la main, le soleil se coucher et une bonne heure à sacrer parce que nous étions perdus dans des petites routes dans le noir et que nous n'avions aucune idée d'où nous étions).
Je n'ai pas de souvenirs impérissables d'Olympie. Le site n'est pas mal : un grand jardin parsemé de ruines plus ou moins évocatrices selon le cas (la grosseur des colonnes du temple de Zeus demeure impressionnante) mais le village moderne est vraiment une pitoyable trappe à touristes. De plus, notre hôtel fut envahi par une bande d'adolescents (nous ne sommes jamais arrivés à savoir exactement ce qu'ils faisaient là) qui firent la fête toute la nuit (et les chambres n'étaient clairement pas insonorisées du tout). Bref, à oublier !
Je n'ai que de bons souvenirs de Delphes cependant, où nous sommes arrivés le lendemain après-midi après une traversée sans histoire du golfe de Corinthe. Si la petite ville moderne est également très touristique, il y a tout de même moyen en s'éloignant de retrouver dans quelques rues (hors-saison uniquement) un certain sentiment d'authenticité. Et le site de l'oracle de Delphes (j'ai même eu l'occasion d'explorer un souterrain sous le temple d'Apollon, Indiana Jones que je suis), à flanc de montagne toujours, est véritablement superbe. Très inspirant.
Pour finir, nous avons décidé d'étirer un peu notre itinéraire et de monter jusqu'aux Météores, en Grèce centrale (4 heures aller, 4 heures retour : j'étais fatigué à la fin de la journée). Et ça valait la peine !!! Les Météores sont de curieuses formations rocheuses, des espèces de pitons surgissant soudainement de la plaine, au sommet desquels on retrouve d'antiques monastères orthodoxes, toujours habités et qu'on peut néanmoins visiter après une petite grimpette. Hors-saison, une fois de plus, l'atmosphère de calme et de méditation était vraiment au rendez-vous. On retourne de quelques siècles en arrière d'un seul coup ! Une superbe destination qui valait largement le détour que nous avons fait pour nous y rendre. Et Marie-Lyse, qui se passionne pour tout ce qui touche la montagne et l'escalade compte bien y retourner pour grimper une des ces belles parois rocheuses !
La dernière journée de mon voyage fut passée à Athènes. Marie-Lyse, la chanceuse, poursuivait son périple pendant une semaine dans les îles de la mer Égée. J'ai regretté un peu de n'avoir pas pu l'accompagner mais bon, ça me donnera une raison de retourner en Grèce une autre fois (en attendant le voyage de noce !). En attendant, j'ai dû quitter la clémente météo méditerranéenne pour aller me refaire tremper un peu à Paris. J'ai repris le travail sérieusement (sauf en ce moment où je vous écris) mais j'ai pas mal de plans pour partir… Je vais d'ailleurs passer la Toussaint à Prague, où je pourrai continuer mon enquête sur la délicieuse gastronomie tchèque (vous vous rappelez ?) et voir si les filles y sont toujours aussi belles une fois les chaleurs de l'été finissant passées (j'ai bon espoir)… Début décembre, je retourne à Istanbul, une ville féerique où je tenterai peut-être de me constituer un harem… Je vous tiendrai au courant, promis !
Sébastien Bro
Envoyé : mercredi
24 octobre 2001 10:04
Photos tirées du site: webgrece.free.fr
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