
En réponse à l'article de Pierre qui a une facheuse manie à associer le Québecois avec la poutine (plat québécois exclusivement touristique constitué de frites recouvertes de fromage en grain fondu et de sauce), voici deux adresses où déguster LA cuisine québécoise (eh oui, Pierre ! Ça existe !). Apparemment, Pierrot n'était pas assez équipé pour visiter l'urbanisme montréalais jusqu'aux papilles gustatives. Comment passer 15 jours au Québec sans goûter une tourtière aux cinq gibiers (caribou, castor, faisan, bison et wapiti) accompagnée de ses délicieuses fèves au lard ? « Tabarnacle ! », comme on dirait là-bas… Jean, son aubergiste, aurait-il oublié de lui filer quelques bons tuyaux gastronomiques ? Voici donc en exclusivité deux succulentes adresses où manger typiquement québécois.
Le premier se trouve à Québec, existe depuis 1966 et porte le nom du roman de Philippe-Aubert de Gaspé, le second fut fondé en 1940 à Montréal intronisé par Yves Beauchemin dans son roman « Le Matou ».

Classé dans le guide du routard comme un « resto chic », la maison des Anciens Canadiens propose une excellente formule pour 13,75 $ canadiens (soit une bière, un savoureux potage, un plat copieux et un dessert exquis pour 55 francs, à peine 9 €).
Tous les plats sont typiquement québécois : bourguignon de caribou à la crème et au vin de bleuet, magret de canard braisé au sirop d’érable, suprême de faisan grillé au vieux cheddar et sauce aux pleurotes, fricassée de poulet sur pâte feuilletée, ragoût de pattes de cochon et de boulettes façon grand-mère, cuisses de faisan aux fèves aux lards ou encore des œufs brouillés au sirop d'érable.
Quant aux desserts, la tarte au sirop d'érable est à se pâmer de plaisir…
Le tout dans une des plus vieilles maisons de la ville décorée à l'ancienne (lire l'historique) : pierres apparentes, tableau de sculptures sur bois représentant des scènes traditionnelles (comme la couture, les semeurs, le soldat, le laboureur ou encore le repas familial avec grand-mère qui sert la soupe et pépé qui nettoie sa pipe contre son sabot de bois), assiettes en porcelaine, cheminée, nappe à carreaux, mobilier en bois, vitrines exposant des couverts ancestraux… Les serveuses elles-mêmes sont en costumes d'époque : coiffe en coton blanc, corsage lacé, chemise à manches bouffantes, jupe et tablier, sans oublier la mythique ceinture québécoise (comme celle que porte Bonhomme Carnaval).
L'étymologie de « Binerie » provient du mot anglais « bean », soit le flageolet. C'est un lieu où l'on sert des haricots. La spécialité de la maison sont donc les fameuses fèves au lard.
Ici aussi, on vous propose une cuisine typiquement québécoise et « maison ». La particularité de la Binerie réside dans sa simplicité. Salle modeste et prix modéré. Pour une somme défiant toute concurrence, on mange une formule composée d'une soupe aux pois, d'un plat, d'un dessert et d'un breuvage. On y trouve également de la tourtière, du ragoût aux boulettes, du bœuf aux légumes, des fèves au lard, ainsi que des tartes au sucre et le fameux pouding chômeur (génoise baignant dans du sirop d'érable). Les plats sont copieux et consistants, tel le pâté chinois (espèce de hachis Parmentier avec des grains de « blé d'Inde » – du maïs – destiné, à l'époque, aux ouvriers chinois employés pour la construction de la ligne de chemin de fer).
On y déjeune sur le comptoir et on discute avec les travailleurs du quartier, mais aussi des étudiants, des chauffeurs de taxi, des employés en cravate et quelques touristes (la Binerie figure dans tous les guides de Montréal). Les serveurs portent des polos beiges et des tabliers verts très « kétaines » à l'effigie de la Binerie (en vente à la caisse !). Sur les murs de la salle, sont affichés les articles parus dans la presse à propos du restaurant ainsi que les photographies des prestigieuses personnalités qui sont venues s'y restaurer (Serge Lama, Alain Souchon et d'illustres joueurs de hockey, dont Maurice Richard, entre autres).
PS : Pierre, il ne te reste plus qu'à y retourner !!!…
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